R Congo : Le Gouvernement en sursis!

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Ça sent le roussi à Brazzaville. Quelque chose est en train de brûler. Semble-t-il que c’est le Gouvernement.

On parle de plus en plus de remaniement. Le silence du Président de la République alimente en tout cas les spéculations sur un possible remaniement gouvernemental, après le 15 août.

Le point culminant aurait été atteint la semaine dernière, lors de la séance de questions orales au Gouvernement organisée le vendredi 3 août par l’Assemblée nationale. Le Premier ministre Clément Mouamba s’y est fait tancer par un jeunot, le Député Digne Elvis Okombi Tsalissan qui lui dit qu’on ne voit pas les actions de lutte contre la corruption que mène le Gouvernement. Pascal Tsaty-Mabiala à mis au grand son incapacité à s’attaquer réellement au phénomène de corruption que le Président de la République a placé comme priorité de son action dans la nouvelle République.

Pourtant, ce ne sont pas les dossiers qui manquent. La DGST (Direction générale de la surveillance du territoire), l’Inspection générale d’État (IGE), la Commission nationale anti-corruption pour ne parler ont déjà fait avancer un certain nombre de dossier. Dès anciens ministres sont déjà entendus, des ministres de l’actuel Gouvernement sont dans le collimateur. Comment cela va-t-il se passer, en ce qui concerne le volet judiciaire de ces dossiers?

La Constitution dit, dans son Article 193: «Les membres de l’Assemblée nationale et du Sénat, le Premier ministre, les ministres, les membres de la Cour suprême et les membres de la Cour constitutionnelle, sont justiciables devant la Haute Cour de justice, pour les actes qualifiés crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions.Ils sont mis en accusation par le Parlement réuni en congrès statuant par un vote au scrutin secret, à la majorité des deux tiers de ses membres».

L’Article 194 précise : «Les co-auteurs et les complices des personnes visées aux articles 192 et 193 ci-dessus sont également justiciables devant la Haute Cour de justice, sans qu’il soit nécessaire que l’acte de mise en accusation les concernant émane du Parlement».

Va-t-on en arriver là? En tout cas, on ne voit pas comment le dossier comme celui visant le Ministre des hydrocarbures, Jean-Marc Thystère-Tchicaya, peut s’arrêter en chemin. Même si ce dernier clame son innocence et dit être victime d’un complot politique, il est difficile qu’il échappe aux griffes de la Justice. La Commission nationale anti-corruption a été mise en place par décret présidentiel. Quand elle traite une affaire, celle-ci doit suivre son cours normal, jusqu’à l’étape judiciaire. Seul le Procureur de la République peut classer une affaire sans suite, mais à ce moment-là, il doit argumenter.

Quoiqu’il en soit, avec ces affaires qui éclaboussent de nombreux ministres, (et l’opinion en attend d’autres, les gros poissons semble-t-il), le Gouvernement a perdu au moins une partie, le leadership moral de son action. Alors, pour le reconquérir, il faut des ministres crédibles.

Si le remaniement gouvernemental répond à cette préoccupation, pourquoi pas! Mais, si c’est pour reprendre les mêmes et continuer, faire comme si de rien n’était, c’est le peuple qui sera obligé de provoquer le chambardement, sinon pas maintenant du moins en 2021.

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