RDC : Que cache le report du scrutin du 23 décembre ?

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L’annonce faite par le président de la CENI en RDC n’est pas une surprise.

Les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales prévues initialement le dimanche 23 décembre 2018 sont reportées d’une semaine, le 30 décembre 2018.

Première cause : L’incendie qui s’est déclaré le 13 décembre dernier dans l’entrepôt central de la CENI et qui aurait consumé le matériel destiné aux bureaux de vote et de dépouillement de la ville de Kinshasa.

A quoi servirait ce nouveau délai d’une semaine ? Sûrement pas à la sécurisation du pays ou à l’éradication de l’épidémie d’Ebola à l’Est. Les causes sont ailleurs.

Certaines voix officielles de la RDC accusent LAMUKA comme étant le pyromane et que plusieurs informations judiciaires seraient annoncées contre Martin Fayulu entre-autres l’incendie de l’entrepôt de la CENI, abus de confiance et fraude fiscale… Cela leur permettrait de demander à la CENI l’invalidation du candidat du peuple jusqu’à l’aboutissement des enquêtes.

Ce report, comme annoncé pour des raisons techniques qui seraient résolues endéans la semaine, semble utopique. Mais par contre dans le but de nuire l’un des favoris en l’inculpant durant cette semaine est plausible.

Cette machination, c’est du déjà vu. Même logique, même tactique et même incohérence que les affaires Moïse Katumbi ou Jean-Pierre Bemba… Tous ont des dossiers judiciaires, tous sont écartés de la route menant à la magistrature suprême.

Ce troisième report, deux ans après l’expiration des délais constitutionnels, est-ce la seule manœuvre imaginée par le gouvernement et la CENI de Nangaa pour éliminer les concurrents gênants et de conserver le pouvoir ?

Frustration et colère contenue règnent au sein de la population sous les yeux d’une Communauté européenne déclarant son soutien à Paul Kagame.

Cette communauté internationale qui depuis des décennies privilégie de faire des opposants congolais des « éternels réfugiés politiques ».

Ce report des élections doit permettre l’activation dès le 23 décembre 2018 l’application de l’article 64 de la constitution avec pour conséquence du départ du Président Joseph Kabila.

Gagner du temps pour instaurer un régime d’urgence n’est pas envisageable. Car « tout congolais a le droit et devoir sacré de défendre le pays et son intégrité face à une urgence ou à une agression extérieure… Toute autorité nationale, provinciale, locale et coutumière a le devoir de sauvegarder l’unité de la République et l’intégrité de son territoire sous peine de haute trahison » (art.63)

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