Le Retour à nos cultures

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Notre démarche, en initiant cette rubrique, est d’aider à mieux connaître et à mieux comprendre la culture africaine avec les personnes qui sont confrontées à des situations complexes, et qui veulent éviter des malentendus interculturels.

Mais au public composé d’Européens, s’ajoutent les Africains soucieux de connaître certains aspects de leur culture pour mieux la défendre devant leurs interlocuteurs et surtout mieux se définir.

Aujourd’hui, l’Afrique s’urbanise et émigré vers l’Occident – et ce dernier l’envahit à travers le choc des cultures et les médias omniprésents. Alors confluent évoluent ces nouveaux types d’hommes et de femmes à cheval entre leurs traditions et l’occidentalisation ? Comment grandissent ces adolescents qui ne connaîtront ni leurs ancêtres, ni leurs croyances, ni leurs coutumes, ni même leur histoire ?

En effet, notre culture et donc notre identité se perd faute de communication. Nul n’est besoin de rappeler que la tradition orale est le mode de communication qui prévalait dans nos sociétés que ce soit en matière d’éducation , d’instruction ou de formation. Ainsi, les hommes transmettaient leurs connaissances du métier, leurs pouvoirs et l’éducation à leurs fils. Du même côté, les femmes s’occupaient de leurs filles. Ce qui de nos jours n’est plus d’actualité car le fossé entre les « vieux » qui détiennent cette connaissance et les jeunes s’est élargie suite à l’urbanisation, à la scolarisation ou encore à la situation économique dégradante. L’exode rural a distancé deux générations et faute de support écrit, les différentes connaissances d’antan n’ont pu être correctement véhiculées.

Les parents, occupés à travailler tous et toute la journée, il manque de structure pour transmettre ces connaissances comme en au village (les contes narrés par le grand père autour d’un feu, les rites d’initiation organisés par des membres du clan assignés à cette tâche n’existent plus, les enfants n’ont plus accès au lieu de travail des parents, …).

Bien qu’aujourd’hui une littérature abondante traite des différents aspects de la société africaine et de sa culture, ces ouvrages ne sont pas toujours accessibles et les programmes scolaires n’intègrent pas cette instruction. Ceux qui seraient donccapables d’apprendre à travers les écrits se trouvent impuissants. Avec la dégradation de la situation économique, bon nombre d’individus sont laissés à l’abandon, leurs enfants vivent dans la rue et ce n’est que là qu’ils apprennent à vivre. Le résultat n’est plus à rappeler ici.

Nous n’avons nullement la prétention d’apporter des réponses à toutes les questions mais simplement de transmettre la modeste connaissance dont nous pourrons disposer nous aussi, grâce à notre vécu ou aux différents ouvrages que nous pourront consulter. Nous pourrons ainsi guider ceux qui le souhaitent à approfondir leurs connaissances en suggérant des auteurs, des conférences, des événements qui traitent des sujets abordés.

Plusieurs concepts nous semblent déjà intéressants tels que la solidarité, le rapport au temps, la famille, les rites d’initiation, le rapport au travail, l’autorité, la sexualité, l’adolescence, … etc. Et si d’autres sujets vous intéressent particulièrement, vous pourrez toujours nous en faire part.

J’aimerais terminer cet article en citant Aminata Traoré qui écrivait : « Nos repères et nos valeurs culturelles sont nombreux qui auraient pu ou qui devraient nous aider à reformuler notre quête d’alternative, en termes clairs pour la grande majorité de la population et conformes à ses aspirations. Mais ils ne font pas l’objet d’une connaissance saine, capable de nourrir la réflexion et la créativité, de manière à transformer nos sociétés dans le sens que nous souhaitons ».

Nous avons chacun une histoire, une danse, un art, un système éducatif, moral, politique, social, spirituel ou économique pour lesquels nous pouvons être fiers et dont nous pouvons tirer grand profit. N’hésitons donc à nous ressourcer pour notre bien-être. Le titre de ce magazine tombe à point nommé – C-Est Rétro-Actuel – un titre qui nous permettra de puiser dans le passé pour vivre notre présent.

Patrick MUTUZA c-rétro-actuel N°4, Mars-Avril 2005 ©C-Rétro-Actuel  2005

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