Jean-Pierre Bemba arrêté … Les Congolais à genoux!

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FOCUS FOCUS Jean-Pierre Bemba arrêté …

Les autorités belges ont procédé, ce week-end, à l’arrestation de Jean-Pierre Bemba Gombo, un ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), suite à un mandat d’arrêt délivré sous scellés par la Cour pénale internationale (CPI) le 23 mai 2008.

La CPI a indiqué dans un communiqué que Bemba, qui était président et commandant en chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), est accusé de quatre chefs de crime de guerre et de deux chefs de crime contre l’humanité pour des actes perpétrés en République centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003.

Selon la CPI, sous la direction de Bemba, les forces du MLC ont mené une attaque systématique ou généralisée contre la population civile et ont commis des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages, a rapporté aujourd’hui la Porte Parole du Secrétaire général. Jean-Pierre Bemba Gombo est la première personne à faire l’objet d’un mandat d’arrêt dans le cadre de la situation en République Centrafricaine.

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Couverture du Magazine C-retro-Actuel 17/ Juin-juillet 2008

Liliane Bemba : Si le principal protagoniste est amnistié, que reproche-t-on à mon mari?

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Mme Bemba lors de notre entretien. Photo Tito Kanza

Madame Bemba, accompagnée du représentant du MLC-Belgique, a reçu la presse ce mardi 3 juin 2008 dans le but de retracer les circonstances de l’arrestation de son mari Jean-Pierre Bemba en date du 24 mai 2008 à leur domicile dans des conditions très difficiles.

En tant qu’épouse, elle tient à contester et à mettre en doute le mandat d’arrêt à l’encontre de son mari. Soulevant d’emblée, ce qui pourrait être un détail dans ce mandat d’arrêt concernant l’identité de son père: monsieur Teixeira.

« POUR CES RAISONS, LA CHAMBRE délivre un mandat d’arrêt à l’encontre de Jean-Pierre BEMBA GOMBO, dont la photographie est jointe en annexe, supposé être ressortissant de la République Démocratique du Congo, né le 4 novembre 1962 à Bokada, dans la province d’Équateur, en République Démocratique du Congo, supposé appartenir à l’ethnie des Ngwaka, fils de Jeannot Bemba Saolana, marié à Lilia Teixeira, fille d’Antonio Teixeira. »

Elle réfute tout le contenu de cet acte d’accusation et tient à préciser que feu son père de nationalités brésilienne et portugaise se prénommait Manuel-Luis et non Antonio! Précisant qu’en date du 4 janvier 2003, Jean-Pierre Bemba Gombo, a sollicité le concours des Nations-Unies dans des investigations à mener tant auprès des populations concernées que des communautés religieuses et autres organisations non gouvernementales crédibles, en vue de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé sur le terrain.

Martelant que suite à la demande de Son Excellence, Monsieur Ange – Félix PATASSE, Président élu de la République Centre-Africaine, les troupes du MLC sont intervenues dans ce pays, à dater du 27 octobre 2002 pour protéger les Insti- tutions menacées de déstabilisation par une tentative de coup d’Etat et sauver un Président élu et les membres de sa famille qui étaient en situation périlleuse.

Aujourd’hui, Monsieur Ange – Félix Patassé a été amnistié comme elle a pu le lire dans le Jeune Afrique 2472 en page 8.

L’accord de paix entre le gouvernement centrafricain et l’Armée populaire pour teurs. la restauration de la démocratie (APRD),   signé le 9 mai à Libreville, prévoit l’adoption d’une loi d’amnistie générale et l’abandon de toutes les poursuites judi- ciaires en cours contre les protagonistes de la crise politique.

Ces mesures concernent les chefs de mouvements rebelles, mais surtout Ange-Félix Patassé, aujourd’hui exilé à Lomé. En 2006, le prédécesseur de François Bozizé a été condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés pour « faux et usage de faux ». Or tous les acteurs de la crise centrafricaine doivent pouvoir bénéficier de la future loi sur la concorde nationale, dans la mesure où la nature du dialogue politique « inclusif» implique la participation de tous. Le dialogue, qui réunira pouvoir, opposition non armée, société civile et ex-rébellions, devrait se tenir en juin.

La question qui lui vient aux lèvres est si le premier protagoniste est amnistié, que reproche-t-on à son mari? Elle ramène vite le problème à un niveau politique condamnant « les adversaires» de monsieur Bemba comme étant les instigateurs. Elle affirmera que son mari est innocentet que sa bonne foi a été prouvée par un tribunal interne au MLC qui a déjà jugé les coupables.

Son mari, qui a la population congolaise derrière lui, avait admis malgré les 42 qu’on lui avait attribués, d’accepter ce résultat par amour de son peuple.  » a re- fusé que le sang ne coule à Kinshasa tout en précisant qu’un jour, les comptes seront faits. Peut-on sacrifier Bemba pour satisfaire l’autre camp ? Le probable retour au Congo? Les prochains votes du chef de l’opposition?

Madame Bemba lèvera le voile sur quel- ques unes des interrogations en précisant que les conditions pour le retour n’étaient pas encore réglées. La maison est tou- jours détruite et la question sécuritaire n’a toujours pas trouver de solution. Deux questions restent en suspens!

Monsieur Bemba est prêt à coopérer pour prouver son innocence mais sa « prise de corps» risque avec le temps de faire basculer le mince équilibre politique du pays.Le Congo est une jeune démocratie bipo- laire qui a besoin de son opposition. Em- pêcher Bemba de poursuivre son travail par cette arrestation, bien que cela soit un signal fort et un moyen de pression sur tous les dirigeants du monde, peut- être cause de problèmes en RDC.

Ecrit par: Tito Kanza/C-RETRO-ACTUEL – 17, Juin/juillet 2008

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